Once a dealer, always a dealer

Le 12 Novembre 2014, la FCA (Financial Conduct Authority) annonce avoir fait payer une amende d’un montant total de 1.7 Milliards de dollars à 5 banques: Citibank, HSBC, JP Morgan Chase, RBS et UBS AG. A peu près au même moment, la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), autorité de régulation US, a aussi imposé des amendes record pour un montant équivalent (1.4 milliards de $) aux mêmes banques.

De quoi ces banques se sont-elles rendues coupables? Il s’avère que leurs traders ont pris l’habitude de se coordonner, en discutant sur les « chat rooms », afin de manipuler les fixing des cours des principales paires de devises à leur profit, encaissant de confortables bénéfices sur le dos de leurs clients.

Les clients des banques, corporates ou investisseurs institutionnels, passent par la salle de marchés pour faire des opérations de change « au fixing ». Cela veut dire que le cours retenu sera un cours « officiel », déterminé à un moment précis de la journée suivant une procédure officielle. Cela simplifie leurs procédures de valorisation dans la mesure où tous les montants qui devront être contrevalorisés dans leur comptabilité le seront à ce cours au fixing. Le cours étant public cela permet aussi d’éviter les discussions avec les contreparties sur le cours à utiliser.

Bien sûr la banque qui accepte de traiter au fixing avec ses clients prend un risque, puisqu’elle ne maîtrise pas le prix auquel elle va acheter/vendre à son client, et doit se couvrir sur le marché. A partir de là la tentation est grande de s’entendre avec les autres « teneurs de marché » (market makers) pour faire évoluer le prix dans une direction qui avantage tout le monde… sauf les clients.

Il faut absolument non seulement lire le compte-rendu de la FCA à cette adresse: http://www.fca.org.uk/news/fca-fines-five-banks-for-fx-failings, mais surtout visionner les présentations remarquablement bien faites accessibles en fin de l’article, qui vous expliquent en détail comment Citi par exemple s’y prend (enfin s’y prenait, c’est fini n’est-ce pas!) pour, de concert avec ses petits camarades, manipuler le fixing. C’est très très bien fait, très intéressant et… édifiant! Un exemple d’école de « marking the close » (cf. http://www.fimarkets.com/pages/fraudes_manipulations.php). Les images illustrant ce post sont extraites de cette présentation.

 

 

3 réflexions au sujet de « Once a dealer, always a dealer »

    1. Pas d’accord sur la culture des banques en général. Sur la culture des salles de marchés, dans certaines banques, malheureusement il faut bien constater qu’il y a un problème.

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