
La dernière crise financière en date a provoqué une aversion aux risques chez les investisseurs. Ceux-ci privilégient ainsi :
Ce nouveau contexte secoue les sociétés de gestion. Les plus touchées sont celles n’ayant pas la taille critique pour amortir leurs coûts fixes ou étant situées sur des niches de savoir-faire qui pâtissent des choix de réallocation des investisseurs.
Cette profession a déjà traversé des crises financières. L’une de ses missions n’est-elle pas d’accompagner les clients investisseurs dans les différentes phases des marchés ? Mais la crise actuelle est la première qui soit aussi structurelle. La baisse des encours en 2008 et surtout le « mix produit » défavorable pour le chiffre d’affaires de ces sociétés pèsent fortement sur les résultats et rendent nécessaire une profonde réflexion pour nombre d’entre elles.
Les sociétés de gestion qui préparent la sortie du « tunnel » anticipent le « paysage » à la sortie :
Après la MIF en 2007, les sociétés auront à mettre en œuvre la Directive UCITS IV sur les fonds (juillet 2011), les futures directives sur « le cadre réglementaire des fonds non UCITS », et à s’adapter aux réformes sur le « droit des titres » et sur « l’harmonisation des dépositaires ». On sait également que la commercialisation des produits financiers sera davantage encadrée.
Lorsque le contexte sera de nouveau favorable aux placements actions, il est probable que la gestion indicielle captera une part importante de ces nouveaux investissements. Ces gestions permettent de baisser le coût de production car elles sont automatisées sur de gros volumes. Sans surprises pour les investisseurs, qui y recourent de plus en plus fréquemment, leurs performances répliquent simplement les indices.
Les particuliers, une fois leur appétit revenu pour le risque, devraient progressivement se laisser séduire par cette simplicité apparente.
Le capitalisme repose sur des piliers, parmi lesquels la « formation du prix ». Or, celle-ci devient étrangement plus opaque sur les marchés financiers. La privatisation des bourses comme en France (cf. Euronext), l’éclatement de leurs monopoles(1) consacré par la mise en œuvre de la MIF(2), l’extraordinaire envolée des volumes sur les produits négociés de gré à gré favorisent ce mouvement et impactent ainsi :
La nécessité de mieux maîtriser la formation des prix aura probablement des conséquences importantes : renforcement des exigences de contrôle et de reporting, responsabilisation des fonctions d’évaluation chez tous les acteurs : banques de marché, marchés électroniques, intermédiaires, sociétés de gestion, investisseurs, agences de notation et autorités nationales de régulation...
Voilà de quoi tester la capacité d’innovation et d’adaptation du secteur !
(1) 15 % des transactions sur les actions du CAC 40 sont maintenant traitées sur les nouvelles plates-formes.
(2) MIF : directive européenne sur les Marchés d’Instruments Financiers, mise en œuvre en novembre 2007 ayant redéfini la relation client, l’organisation /conformité des sociétés de gestion et le monopole des bourses.
(3) Plus particulièrement l’IAS 39.
Yann de Saint Meleuc, Directeur du pôle Finance d’Euroland Consulting
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conseil en management, spécialiste de l'assurance, de la finance et des secteurs publics.