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Les systèmes d'informations sont devenus prépondérants dans le métier de l'Asset Management. Ils sont d'ailleurs souvent le deuxième poste budgétaire (Informatique + Flux Financiers) après les salaires.
De nombreuses raisons expliquent cette place prise par l'informatique, voici les principales :
Comme dans tous les secteurs la course à la taille critique est un des leïtmotiv dans l'Asset Management. Croissance externe avec synergies ou croissance interne avec de toute manière des économies d'échelles. Dans tous les cas, la volumétrie des opérations à traiter devient de plus en plus importante : plusieurs millions d'opérations par an chez un gros Asset Manager.
L'automatisation maximum de ces traitements est devenue impérative. Tout ce qui mérite d'être automatisé doit l'être.
Avoir des équipes qualifiées capables de gérer des portefeuilles avec de bonnes performances c'est bien. Ne pas gâcher ces résultats par une ou des erreurs voire des malveillances c'est encore mieux. Cela implique la mise en place des systèmes de suivi des risques opérationnels et des risques de marchés. En termes informatiques, il faut limiter l'intervention humaine en automatisant le maximum de tâches, suivre qui a fait quoi (avoir une piste d'audit) dans les systèmes et savoir à tout moment quels sont les risques financiers encourus et comment ils évolueraient en fonction de l'évolution plus ou moins brutale des marchés.
Rapidité des marchés financiers
Dans les dernières années, un besoin de traitement de plus en plus rapide des opérations est apparu. Trois jours pour dénouer une opération n'est plus acceptable, là aussi pour une question de risques. D'ici peu toute opération devra être réglée et livrée à J+1 de son exécution. Sachant que cela implique Front, Middle et Back Office de l'Asset Manager mais aussi le Broker et le Dépositaire, on imagine aisément le rôle primordial de l'automatisation d'un maximum de tâches (enrichissement d'informations, flux, rapprochements).
De nouveaux produits nécessitant de nombreuses opérations simultanées et liées tels les Trackers (réplication exacte d'un indice et donc 40 achats simultanés pour le CAC40), les fonds d'arbitrage (vente et achat simultanés), et bien d'autres ont rendu obligatoire la mise en place d'automates de traitement des opérations. Ces nouveaux types de fonds n'ont pu voir le jour que grâce aux nouveaux systèmes d'information.
Concrètement, les Asset Managers se sont lancés dans plusieurs énormes chantiers informatiques pour répondre aux besoins énoncés ci-dessus. La plupart de ces chantiers sont toujours en cours même s'ils sont plutôt au stade de maintenance évolutive que de développement. Leur réussite nécessite une très forte implication des métiers concernés et souvent des réorganisations ce qui explique que les Systèmes d'Informations soient très liés aux services Organisation et Conduite du Changement. Le succès de ces projets n'est possible que par une forte volonté de la direction, la présence des moyens financiers et la mise en place d'équipes soudées comprenant :
Les principaux grands projets structurants sont détaillés ci-dessous.
Tout projet, de quelque importance qu'il soit, ne pourra fonctionner que s'il a de bonnes données en entrée. Ces données sont stockées dans des Référentiels . La qualité d'un référentiel tient à la qualité de ses données (sources, fréquence de mise à jour, …) mais aussi à sa facilité d'interrogation et à son évolutivité.
Remarque : Parler d'un Référentiel Valeurs est utopique, il y en a souvent plusieurs pour ne pas dire un par application. La question d'avoir un Référentiel Maître alimentant des référentiels esclaves plutôt que d'avoir des référentiels alimentés en parallèle et ensuite simplement rapprochés a été soulevée par tout le monde. Bien que plus fiable la première solution n'a été retenue que par très peu d'Asset Managers car très lourde à mettre en place.
Straight Through Processing (STP) … et EAI
Le STP est certainement le plus gros projet informatique d'un Asset Manager.
Depuis des années, des outils Front Office, Middle Office et de Valorisation existent et sont plus ou mois (mais plutôt moins) interfacés. Le STP consiste à automatiser le maximum, voire l'ensemble, de la chaîne de traitement des opérations du passage des ordres par les gérants à leur comptabilisation dans les portefeuilles associés. Le STP « interne » interface les outils Front, Middle et Back de l'Asset Manager. Le STP « externe » automatise également les échanges avec les intervenants externes , Brokers et Dépositaires. L'intervention humaine doit être réduite à son strict minimum. Dans la théorie une seule saisie est faite et ensuite seuls quelques rajouts et validations manuels sont nécessaires tout le reste étant automatique.
Cette automatisation n'est rendue possible dans de bonnes conditions qu'en s'appuyant sur un EAI puissant gérant toutes ces interfaces. Les EAI (Enterprise Applications Integration) sont des outils spécialement conçus pour interfacer des applications, en temps réel ou en Batch, tout en pouvant enrichir, transcoder, transformer, … les données échangées.
Les outils suivants doivent être totalement interfacés entre eux et avec les référentiels pour avoir du « Full STP ».
Outils Front Office :
OMS (Orders Management System)
Serveur de contraintes
Outil Middle Office :
PMS (Portfolios Management System)
Réconciliation
Outil Back Office : Valorisation
Risques Opérationnels
A tout seigneur tout honneur, parlons du BCP ou plan de continuité ou plan de secours. Il a été très en vogue avant les passages à l'an 2000 et à l'euro. Il a consisté à répliquer en plus petit l'intégralité du système d'information de la société pour permettre une « continuité » de l'activité en cas de catastrophe majeure. Aujourd'hui pratiquement tous les Asset Managers ont leur plan de continuité et il n'y a plus trop de travail autour de ce sujet.
D'autres risques opérationnels doivent être suivis pour être en conformité avec telle ou telle réglementation. Citons par exemple Sarbanes Oxley ou Bale II. Des progiciels existent mais les développements internes sont encore fréquents sur ces sujets.
Risques de Marchés
Savoir comment évoluerait son portefeuille en cas de décalage des marchés est depuis longtemps un souci des Asset Managers. Des progiciels spécialisés existent, ils doivent être interfacés avec les PMS ou les outils de Valorisations pour avoir tout leur sens.
Reporting / Mesure de Performance … Dataware
Véritable vitrine des portefeuilles d'un Asset Manager, le service Reporting a dû se doter de systèmes informatiques souvent assez lourds pour répondre en temps et en heure à la production de tous les documents qui lui sont demandés.
Le Reporting doit pour chaque fonds créer des documents présentant ses performances sur des périodes de temps variables, les comparer à son indice, éventuellement les comparer à celles d'autres fonds. Il doit également pouvoir donner la performance répartie par poche s d'actifs, secteurs d'activités et ce selon la finesse d'information attendue par le client.
De plus la fréquence de publication de ces documents est le plus souvent quotidienne.
Tout cela ne peut se faire qu'avec un système performant ayant déjà en partie retraité les données des portefeuilles et de leurs benchmarks. La création d'un DataWare a souvent été la solution, lié à des alimentations automatiques incluant les calculs de performances.
Un des impératifs des progiciels spécialisés dans l'Asset Management est d'être capable de traiter tous les types de produits pouvant entrer dans la composition d'un portefeuille, ce qui quelque part veut dire tous les types de produits un point c'est tout. Le périmètre de produits financiers à traiter est donc très vaste. Le revers de la médaille est qu'ils ne peuvent être aussi pointus sur le traitement d'un produit précis qu'un progiciel qui serait dédié à ce produit.
Les progiciels peuvent globalement se regrouper selon leur couverture métier (aucun n'étant un Front To Back intégré). Voici quelques exemples :
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