Le CMMI (Capability Maturity Model Integrated) est un modèle d'évaluation du niveau de maturité d'une organisation concernant le développement de systèmes, de produit et/ou de logiciels. Il a pour objectif la maîtrise des processus d'ingénierie et par conséquent celle de la qualité des produits et des services issus de ces processus. Il propose un référentiel des meilleures pratiques (best practices) en matière de développement logiciel.
Le CMMI est une extension du modèle CMM (Capability Maturity Model), présenté par le SEI (Software Engineering Institute) dans les années 80.
Celui-ci, à la demande du ministère américain de la Défense (DOD), avait élaboré un référentiel de critères permettant de déterminer si un projet serait terminé dans les temps, sans dépassement de budget et selon les spécifications.
En 2001, le SEI crée une nouvelle version de CMM : le CMMI, qui intègre toutes les avancées d'autres modèles (d'où le « Integrated ») qui ont vu le jour pour combler certains manques du CMM.
CMMI propose un ensemble d'objectifs visant à garantir la qualité des projets. Il s'accompagne d'un référentiel de bonnes pratiques attendues pour atteindre ces objectifs. CMMI donne un cadre à la définition des processus clés de l'organisation dont : la gestion de projet (planification, gestion des ressources, gestion des risques…), l'ingénierie (gestion des exigences, solutions techniques, intégration produit,…), et le support (gestion de configuration, assurance qualité, mesures et analyses,…). C'est un outil d'aide à la définition et d'amélioration de processus.
Le besoin de mettre en œuvre un modèle comme CMMI dans une organisation naît lorsque l'entreprise détecte des problèmes récurrents tels que : retard dans les livraisons, dépassements de budget, insatisfaction du client, manque de visibilité du management, etc.
CMMI vise donc à :
Les bonnes pratiques préconisées par le modèle sont rassemblées en 25 processus clés (Process Area), eux-mêmes regroupés en 5 niveaux de maturité/capacité :
Niveau 1 : Initial Toute organisation a par défaut le niveau 1. La gestion des projets n'est pas définie au sein de l'organisation. L'efficacité repose sur les compétences et la motivation des individus. Aucun contrôle n'est opéré. Le projet peut aboutir mais avec dépassement des coûts et des délais. Les facteurs de réussite ne sont pas identifiés, et le projet ne se construit pas sur les expériences passées. |
Niveau 2: Managed La gestion de projet est définie au niveau de l'organisation, et appliquée par défaut sur tous les projets. L'ensemble des projets répond aux objectifs du modèle CMMI de niveau 2 avec les processus proposés par l'organisation, ou à défaut avec des processus définis au niveau du projet. Le projet se construit sur ce qui a été fait précédemment grâce à une meilleure discipline. Les réussites sont répétables. |
Niveau 3 : Defined Les processus de pilotage des projets sont étendus à l'ensemble de l'organisation par l'intermédiaire de normes, procédures, outils et méthodes définis également au niveau de l'organisation. L'ensemble de l'organisation dispose d'une discipline appliquée de manière cohérente. L'organisation surveille et gère l'amélioration de ces processus. |
Niveau 4 : Quantitatively Managed La réussite des projets est quantifiée. Les causes d'écart peuvent être analysées. Les performances des processus sont prévisibles en quantité comme en qualité. |
Niveau 5 : Optimizing Amélioration continue des processus de manière incrémentale et innovante. Les évolutions sont anticipées. Les processus sont sans cesse remis en question afin de rester en adéquation avec les objectifs. |
Il existe deux modes de représentation du modèle correspondant à deux points de vue légèrement différents :
Dans cette représentation, les processus clés sous regroupés en 4 catégories. A chaque processus clé est associé un niveau de capacité allant de 1 à 5. Il est donc possible de définir le niveau de capacité pour un processus clé donné. D'un processus clé à un autre les niveaux de capacité peuvent être différents, ce qui permet de distinguer les points forts des points faibles. Cette représentation est plutôt répandue dans les organisations où l'importance du processus clé est largement prédominante (exemple : la sécurité dans l'informatique bancaire ou l'aérospatial).
C'est la représentation la plus courante.
Dans cette représentation, c'est un niveau global de maturité qui va être défini et non un niveau par processus clé. A chaque niveau de maturité correspondent des processus clés et des pratiques auxquels doit répondre l'organisation au niveau visé.
Les bénéfices de la mise en place d'un modèle comme CMMI dans une organisation sont très rapidement visibles. Nous observons :
Pour mettre en place une démarche d'amélioration basée sur le modèle CMMI, un projet dédié est créé et constitué :
Le projet doit choisir la société externe, certifiée par le SEI, qui conduira l'évaluation.
Le projet se déroule en plusieurs phases :
L'évaluation est conduite par un « Lead Appraiser », certifié par le SEI, selon une méthode d'évaluation également définie par le SEI, la méthode SCAMPI.
Il existe 3 méthodes d'évaluation SCAMPI définies par le SEI : méthodes A, B et C. La méthode A est la plus rigoureuse, et c'est la seule qui autorise une cotation de niveau.
L'équipe d'évaluation est constituée de membres de la société évaluatrice, et également de membres de l'organisation évaluée, afin de mieux comprendre le contexte de l'organisation et des projets, ainsi que l'implémentation des pratiques.
Le niveau est atteint après vérification par le « Lead Appraiser » de la mise en oeuvre opérationnelle des pratiques correspondantes sur les projets.
Les résultats de l'évaluation correspondent à l'état courant des pratiques au sein de l'organisation au moment de l'évaluation. Ils ne sont pas valables pour une période donnée, comme c'est le cas pour une certification.
Le modèle CMMI est longtemps demeuré l'apanage des entreprises du domaine industriel (armement, aviation, transport, télécommunication,…). Aujourd'hui, il s'étend largement au domaine bancaire, à celui des assurances, et plus généralement aux systèmes d'information.
La démarche de certification s'intensifie dans le domaine de l'informatique bancaire et plus particulièrement dans les marchés financiers :
C'est pourquoi de plus en plus de banques de renom mettent en place une démarche qualité pour accompagner leurs projets, et souhaitent obtenir une évaluation CMMI. A ce titre, une filiale d'une grande banque française, spécialisée dans la gestion des Titres, vient d'obtenir la certification niveau 2 du CMMI.
Liste des processus clés regroupés selon la représentation continue :
Process Management
Project Management
Engineering
Support
|
Liste des processus clés regroupés selon la représentation étagée :
Maturity Level 2
Maturity Level 3
Maturity Level 4
Maturity Level 5
|
Le site du SEI consacré au CMMI: http://www.sei.cmu.edu/cmmi/
Page proposée par Lisa Bitan,
consultante spécialiste CMMI d'Ithaque Conseil,
l'expert historique en systèmes d'information des marchés financiers.