
Tout d’abord, éclaircissons le terme :
« To hedge » en finance, signifie « couvrir des positions de marché » en utilisant des instruments financiers en risque symétrique.
Pour faciliter ces techniques, les dérivés sur marchés organisés ou OTC ont été étendus à tous les compartiments d’investissements classiques :
Les « hedge funds » ont alors dévoyé l’utilisation initiale, en imaginant des stratégies de combinaison de ces produits à effet de levier très fort, afin de tirer des profits immédiats sur les imperfections des marchés (arbitrage) et sur l’amplification des phénomènes spéculatifs.
Les premiers hedge funds sont apparus dans les années 1950, avec pour caractéristiques la performance et la discrétion ; depuis, leurs volumes se sont considérablement développés avec les facilités technologiques, la déréglementation et la mondialisation de la finance ; les critères sont les suivants :
La définition de la SEC (Autorité des Marchés US) est révélatrice des risques associés :
« Private and unregistered investment pool that employed sophisticated hedging and arbitrage techniques to trade in the corporate equity markets. Hedge funds have traditionally been limited to sophisticated, wealthy investors ».
Les investisseurs sont de plusieurs types :
Les stratégies sont souvent construites autour de fonds diversifiés investis à leur tour dans des fonds spécialisés par type d’anticipations ; les schémas extraits du site cperformance.com illustrent le sujet :
Les deux graphiques illustrent l’explosion des encours gérés jusqu’à la crise des subprimes :

Si l’on intègre le critère des places financières réglementées ( centres « on-shore ») pour les fonds alternatifs, on arrive aux chiffres suivants (graphique extrait du site Hedge Fund Research) :

Du fait de leur peu de transparence et de liquidité et de leur implantation dans les paradis fiscaux, ils ont été accusés d’être à l’origine, puis d’avoir amplifié la crise financière, par des ventes à découvert massives ou des emprunts de titres, et le recours spéculatif aux produits dérivés: options, futures ou contrats de gré à gré.
Mais la chute des valeurs des actifs financiers, combinés aux phénomènes d’illiquidité ont en réalité provoqué la faillite de nombreux hedge funds ( en rouge ci-dessous, graphique extrait du site Hedge Fund Research) :

Ceci nous conduit à lister les risques liés à ces supports :
Depuis deux ans, le G20 s’est donc attaché à encadrer ces acteurs hybrides :
Concernant l’UE, la règlementation européenne en projet avec l’UCITS V prévoit des réductions plus draconiennes en matière d’endettement, des limites aux rémunérations liées aux actifs à risque et une transparence complète :
La Directive AIFMD (Alternative Investment Funds Managers Directive) prévoit :
Adoptée en avril 2010 par le Conseil Européen, puis ratifiée en novembre 2010 par le Parlement, son entrée en vigueur est prévue en 2013 et déjà sa révision en 2015 !
Notre avis : les hedge funds qui ont survécu aux crises Subprimes et Madoff ont encore de beaux jours devant eux… ce qui les sauve, c’est que, paradoxalement, ils restent des acteurs incontournables de la liquidité des marchés.
En final, une illustration en forme de rosace présentée par thehedgefundjournal :

2011 - Philippe Martinet – Groupe Novencia
Page proposée par Groupe Novencia, cabinet de conseil, ingénierie et intégration au service des marchés financiers