
Le Product Control, en plein développement, constitue un facteur clé pour les banques dans leur capacité à évaluer leurs positions, leurs résultats et leurs risques :
Les institutions financières remettent aujourd’hui en question le positionnement du Product Control dans leur organisation afin de garantir un maximum d’efficacité et la capacité à servir le métier et obtenir la confiance du marché.
Le modèle de référence de la fonction Product Control vient des Etats-Unis : plusieurs fonctions de contrôle sont placées sous une responsabilité unique baptisée Product Control ce qui les rend particulièrement visibles. Dans ce modèle, la fonction Product Control rapporte directement au département Finance afin de garantir son indépendance vis-à-vis des lignes métier.
Dans les modèles européens, les fonctions de contrôle sont dispersées et placées sous plusieurs responsabilités, ce qui les rend moins visibles. Certains contrôles sont effectués par le département des Risques, d’autres par le Middle Office, le Back Office ou la direction financière.
Suite à la crise et au recentrage sur le cœur de métier qui s’en est suivi, les institutions financières ont été conduites à réévaluer leur modèle de Product Control.
En fonction de leur taille, du degré de diversification de leurs activités, de leurs processus métier et de leurs procédures, elles vont opter pour l’organisation et le processus à la fois le plus sécurisé et le plus stimulant pour les métiers.
La mesure de performance des activités des institutions financières, tant en ce qui concerne les perspectives de croissance que le profil de risque aussi bien que l’évaluation permanente de la stratégie, est examinée avec beaucoup d’attention par de nombreux acteurs.
Suivant la façon dont elles sont organisées, les fonctions de Product Control se montrent plus ou moins efficientes dans leur capacité à mesurer de façon adéquate la performance de l’activité et à lever des alertes.
Le modèle unifié de Product Control tend actuellement à se répandre, car il aide à la compréhension des activités par la vision globale qu’il apporte.
Le modèle fragmenté / découplé de Product Control délègue les responsabilités liées au contrôle du P&L à des unités spécialisées et indépendantes, en mettant l’accent sur l’expertise et la ségrégation des tâches.
Au cours de la dernière décennie, les institutions financières ont expérimenté plusieurs modèles d’implantation de leur fonction de Product Control dans leur organisation.
De nombreuses organisations ont eu du mal à déterminer un juste équilibre entre indépendance, expertise et efficience.
Certaines institutions financières ont progressivement transformé leur cadre organisationnel originel, tandis que d’autres ont hésité entre les deux modèles.
Le modèle unifié consiste à placer tous les rôles et responsabilités essentiels de la fonction Product Control sous une autorité unique. Suivant les institutions financières, cette autorité peut être la direction financière, la direction opérationnelle ou la direction des risques.
Le modèle découplé tend au contraire à répartir les rôles et responsabilités essentiels de la fonction Product Control sous plusieurs autorités.
En fonction de leur taille, de leur organisation et du niveau d’intégration de leurs processus et de leurs systèmes, les institutions financières peuvent opter pour un modèle global ou pour un modèle multi-local d’organisation de leur fonction Product Control.
Le modèle global est caractérisé par trois éléments d’intégration :
Le modèle multi-local est plus ouvert et donne une large autonomie aux fonctions Product Control locales :
Bien que certains modèles soient principalement multi-locaux, on observe dans certaines institutions financières une recherche d’harmonisation, en vue de la consolidation des résultats. Les référentiels locaux sont réconciliés avec ceux du groupe et les résultats consolidés sont réconciliés avec le reporting financier du groupe.
Quand il existe un modèle découplé, certaines institutions financières peuvent mixer les modèles global et multi-local. Ainsi, la vérification indépendante des prix peut être sous la responsabilité de la direction des risques au niveau global, tandis que le contrôle des couvertures peut être effectué par la direction financière sur un modèle multi-local.
Le modèle unifié et le modèle global de Product Control apparaissent incontestablement comme plus adaptés pour permettre aux institutions financières de faire face aux enjeux d’un environnement de crise :
Cependant, ces modèles peuvent se révéler difficiles à implémenter et coûteux en termes de taille des équipes à constituer. Il peut être envisagé de réduire ces équipes aux fonctions centrales du Product Control, qui sont celles qui apportent le plus de synergies souhaitées.
Quel que soit le modèle de Product Control, son efficacité découle principalement des conditions dans lesquelles il est implémenté :
En effet, le Product Control ne peut être efficace que dans un environnement favorable au contrôle en général. Ainsi, avant que l’affaire Madoff ne soit révélée au grand jour, des alarmes avaient été levées par des législateurs et des enquêteurs de la répression des fraudes, mais celles-ci ont été ignorées par la SEC.
L’efficacité du Product Control dépend aussi largement du soutien du management exécutif qui doit être à l’écoute des signaux d’alarme et montrer clairement sa volonté d’y répondre immédiatement par des actions appropriées.
Lire le livre blanc sur le site d'Investance : http://www.investance.fr/institute/publications/product_control_survey/
Article proposé par Investance, global business and technology consulting firm driven by market leading knowledge capitalisation and focused on the financial services industry