
Avant même de rentrer dans les détails, on peut se demander pourquoi les marchés de produits dérivés ont pris une telle place depuis la création du premier marché organisé en 1973 (Chicago Board Options Exchange). La réponse quelque peu tautologique est que cela doit répondre à un besoin. Fondamentalement, les produits dérivés permettent de se couvrir contre certains risques, de la même façon qu'un contrat d'assurance habitation couvre contre les dégâts consécutifs à un sinistre domestique. En effet, un contrat d'assurance (respectivement un actif dérivé) est un produit contingent qui génère un flux lorsqu'un événement tel qu'un sinistre (respectivement une variation du prix d'une action, une baisse des taux d'intérêt etc.) se réalise. Or, en environnement incertain, les économistes montrent que le bien-être d'un individu augmente lorsqu'on lui donne la possibilité de s'assurer.
Il faut noter que tous les acteurs ne sont pas exposés aux mêmes risques et de la même façon. Une entreprise fortement importatrice (de pétrole par exemple) sera très exposée à une hausse du dollar (par rapport à la monnaie de son pays de résidence) alors qu'à l'inverse une entreprise exportatrice (vers les Etats-Unis) craindra une baisse du dollar. On peut également imaginer une entreprise qui consomme beaucoup de produits pétroliers dans son processus de production mais qui exporte vers les Etats-Unis : une baisse du dollar diminue ses coûts et simultanément, ses recettes. Dans ce cas, elle est partiellement immunisée contre des variations du dollar. Dans ces exemples volontairement simplifiés, on constate que des entreprises – exposée différemment à une variation du dollar – peuvent avoir intérêt à se rencontrer et à établir entre eux des contrats qui leur permettent de s'assurer mutuellement.
Les marchés de produits dérivés sont une réponse naturelle à ce besoin d'assurance : comme tout marché, ils permettent à différents acteurs de se rencontrer pour faire des échanges mutuellement bénéfiques. Toutefois, ces échanges ne sont pas des biens physiques mais des "quantités de risque".
Pour aller plus loin
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