
Suite aux crises financières de 2007 (effets systémiques des subprimes, faillites de grands acteurs) et de l’amplification en 2008 (marchés financiers, crédits, immobilier, placements collectifs…) , il a été constitué au niveau international un G20 des chefs d’Etats de 19 pays et de l’UE, dont l’objectif principal est d’assurer la stabilité financière internationale.
Parmi les mesures étudiées, les « stress-tests » ou « tests de résistance » consistent à analyser les impacts d’une détérioration sérieuse des conditions économiques sur les bilans bancaires.
Sont concernés : 91 établissements bancaires sur 20 pays représentant un total d’actifs de 2/3 du secteur.
La coordination est assurée par le Comité Européen des Contrôleurs Bancaires (CECB) et les tests comportent deux niveaux :
a) « Scénario macroéconomique central » avec les hypothèses de croissance suivantes :
b) « Scénario macroéconomique adverse » dont le contexte est :
Ce stress-test sévère porte sur tous les compartiments d’exposition des banques européennes :
L’objectif est ensuite de chiffrer les impacts des pertes de valeur induites sur le niveau des fonds propres, caractérisé par le Tier 1 (capital et réserves) en tenant compte des :
Les stress additionnels de « choc souverain » sont mesurés sur les titres d’État et les crédits au secteur privé, à partir de règles BCE.
Enfin, chaque établissement a défini ses propres méthodes pour les impacts sur les autres composantes du portefeuille de placement et ses autres sources de PNB.
Le Secrétariat général de l’ACP (Autorité de Contrôle Prudentiel) s’est assuré de la pertinence des estimations, en relation avec les contrôles effectués par le CECB.

Les résultats des grands groupes bancaires français, représentant plus de 80% du marché sont :
RATIO ACTUEL |
RATIO DANS LE PIRE SCENARIO |
|
BNPP |
10,1 |
9,6 |
CA |
9,7 |
9 |
BPCE |
9,1 |
8,5 |
SOCIETE GENERALE |
10,7 |
10 |
Ainsi à ce jour, dans la pire des hypothèses, qui combine une nouvelle crise économique et financière avec une crise de la dette publique, les ratios de fonds propres durs (tier one) s’établissent bien au delà des exigences des autorités de supervision, qui avaient été relevées à 6% .
Concrètement, ceci confirme la robustesse de ces établissements, dont la stratégie repose sur la diversité de leurs activités et la rigueur de leur gestion ; pour mémoire, le système bancaire français avait déjà démontré ces qualités lors des précédents contextes de crise de 1990 et 2002.
Les commentaires de la Banque de France sont les suivants :
Au niveau du numérateur du ratio Tier 1 :
L’analyse des autorités sur les facteurs de résilience met en évidence :
«Une bonne tenue de leurs revenus, même en situation de stress adverse sévère, tirée en partie par les revenus « d’intérêt », liés à leur activité de transformation, une politique de gestion actif-passif prudente et une maîtrise des frais généraux.»
Ce constat est très proche de celui qui a pu être tiré de l’évolution de la rentabilité des banques françaises observée au cours de l’année 2009 dans la plupart des branches d’activité, qui s’expliquait à la fois par les bonnes performances des activités de marché, s’appuyant sur un développement équilibré entre les différents métiers et par l’amélioration des marges bancaires.
Il s’agit à nouveau, si besoin en était, d’un argument en faveur du modèle français de banque universelle ; c’est un modèle qui continue de faire ses preuves.
«Les caractéristiques de leurs expositions sur crédit immobilier domestique dont la structure apparaît saine et le coût du risque afférent, faible. »
A cela, deux raisons : le fait que les prêts soient adossés non pas à la valeur des biens achetés mais à la capacité de remboursement des ménages ; le fait qu’ils soient couverts par un système de garantie mutuelle contribuant à la stabilité du système.
Par ailleurs, le crédit à l’habitat apparaît fortement dynamique grâce à une forte demande des ménages associée à des conditions de crédit et des tendances démographiques favorables.
«Leur bonne résistance au choc additionnel souverain, dont il apparaît que le portefeuille est souvent suffisamment diversifié pour ne pas subir de plein fouet les chocs importants appliqués, par hypothèse, par le CECB. »
«Chacun des chocs (portefeuille de négociation souverain et effet de second tour sur le portefeuille bancaire privé) contribuerait en agrégé, à une baisse de 8 points de base du ratio Tier 1 en moyenne sur ces quatre établissements. »
«En outre, la dispersion de ce choc additionnel entre établissements est relativement faible, entre 9 et 22 points de base, confirmant qu’aucun d’entre eux n’est exagérément exposé sur le risque souverain. »
En remarque finale, notons que seules 7 banques européennes n’ont pas validé leur solidité, dont cinq en Espagne, une en Allemagne et une en Grèce. Des recapitalisations ou restructurations seront nécessaires.
A suivre car les stress-tests seront à réitérer chaque année…
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